Best Albums 2011 – mi-edition

Ok c’est l’été, milieu de l’année, on peut donc déjà faire un petit bilan des 6 mois écoulés, voir les sorties les plus abouties, les plus directes, les plus radicales, en gros la meilleure musique sous forme de plusieurs titres mis à la suite. Comme toujours, c’est dur de trouver un consensus, cette année est prolifique. Ce n’est peut être pas la meilleure sélection de musique pour tes vacances à la plage mais sûrement les 10 albums que j’ai le plus écouté en cette première moitié de 2011. Allons-y !

G-side – The One … Cohesive
1 janvier 2011 (1.1.11 oui oui)

Comment était-il possible de mieux commencer l’année. G-Side a sorti un OVNI, un album explosif, personnel et créatif qui marque la toute puissance de Slow Motion Soundz et des producteurs Block Beattaz. Tout est subtil sur cet album, le mélange entre rap ésotérique et réalité non simulée, musique atmosphérique et vision instantanée. Quasiment certain qu’on retrouvera cet album dans les tops de fin d’année. A moins que leur nouvel opus « Island », prévu pour le 11.11.11 ne vienne le détrôner…

Roach Gigz – Roachy Balboa 2
25 janvier 2011

Le rap sous sirop reste la dernière meilleure sensation qu’a pu nous offrir cette musique. Roach Gigz est un ravagé de cette espèce. Après un premier volume électrique sans temps mort, sa série Roachy Balboa écope d’un petit nouveau en tout début d’année. Versant plus cool que le précédent, il permet de trouver le sautillant Roachy dans des positions plus ralenties, des odes à la vie, la mort, les drogues et les femmes. Ce disque aurait pu faire un malheur s’il était sorti en mai, l’ambiance étant vraiment au chill ultime un peu torturé. Les productions synthétiques aux mélodies très 80′s fleurent bon les ruelles mal famées de la Bay avec cette petite touche de folie qui les rend glamour. Le style se radicalise sur la fin avec la démonstration mythique « Can I Rap » ou le furieusement engagé « Pop Off ». Roach Gigz enchaine les bons disques tout en faisant des variantes, un petit favori de mon lecteur.

OverDoz. – Live for, Die for
15 février 2011

Alors là, chouchou direct. Ces petits font des merveilles. La Californie à son meilleur. La formule est simple, vaporeuse, tiraillée entre les filles et l’herbe et tout le style de vie qui en découle. #DESTED. Un mouvement, une façon, un choix. Cet album délivré sous le manteau est plein hiver rigoureux offre tout ce que représente l’Ouest américain pour moi. Très bien produit, unique, osant laisser de la place à la musique, parfait mélange avec des phases plus chantées. Le maillon manquant entre la bulle canadienne à la The Weeknd/Drake et la scène florissante de LA. Pas reconnu à sa juste valeur, toujours en heavy rotation dans mon lecteur.

Tity Boi – Codeine Cowboys
22 février 2011

Le Sud comme je l’aime. Tity Boi aka 2Chainz du duo Playaz Circle touche le ciel avec cette parfaite mixtape aux forts relents de sirop violet en milieu sauvage. Polyvalent, le rap de ce grand bonhomme coule parfaitement, entre trap muzik ravageuse et délire psyché réussi. Des moments de bravoure uniques se cachent au milieu de tout ça. Sûrement une des stars montantes de ce style de rap, il est maintenant partout entre Jeezy, Rozay ou Gucci, un vrai tout terrain. Et sa carte de visite 2011 est parfaite, en boucle pour les voyages à l’autre bout du monde, là où le soleil touche l’horizon.

Rittz – White Jesus
8 mars 2011

Le versant caché de la montagne Yelawolf. Malgré quelques similitudes, Rittz apporte une assise différente, une voix plus posée, le sud crasseux version white speedée, estampillée Burn One. Des moments très hauts, belles performances sans pour autant gâcher le contenu, un feat avec 8ball, quelques tracks vraiment imparables pour un résultat consistant, bien produit et de qualité constante. Si jamais Yelawolf nous claque dans les pattes suite à sa signature shadyesque (j’y crois pas trop), il nous restera toujours Rittz pour garder la fraicheur et le naturel campagnard du grand sud américain. Rotation lourde !

Gucci Mane – Return of Mr Zone 6
22 mars 2011

La bonne dose de Burr Burr ! Quasi entièrement produite par Drumma Boy, cette mixtape-like pourrait faire office de réponse Trap au « Georgia’s Most Wanted » sorti quelques mois plus tôt. Les tracks sont plus directs, sans concession avec une cohérence rare. Quelques moments fulgurants, des apparitions mythiques de Master P et Birdman, le Brisquad Monopoly à son meilleur avec la montée extrême de Slim Dunkin et Whoo Da Kid. Bonne suite au premier volume déjà classique, on y découvre un Gucci Mane un peu effacé mais qui donne finalement un disque compact, explosif et plein d’espoir pour le futur. Couplé au GMW, la livraison est parfaite.

E-40 – Revenue Retrievin :Graveyard / Overtime Shift
29 mars 2011

La livraison 2011 de Tonton 40 est hors norme. Alors qu’il a sorti il y a moins d’un an deux albums consistants, il en rebalance deux autres du même acabit. Il y a encore du lourd là dessus, des bangers minimalistes à la chaîne servi par le flow herculien du Tonton, toujours en verve. Bien sûr, la comparaison avec les deux précédents se fait sentir et quelques fois, on a l’impression d’écouter les chutes de studio tellement les ambiance sont similaires mais la masse de bons titres est telle que ce faux double album tourne tout de même très régulièrement dans le lecteur. E-40 toujours au top !

KD – G-Fluid
11 avril 2011

Avec G-Fluid, KD sort la quintessence de son univers, très emprunt du Country Rap Tunes cher à mon coeur. La cohérence et la qualité du projet améliore les performances de KD pour un rendu très personnel avec quelques variations bienvenues, sans ventre mou. J’en parle avec plus de détails chez l’Abcdrduson bien sûr mais c’est la grosse surprise de 2011, toujours en repeat depuis sa sortie.

Dj Quik- Boof of David
19 avril 2011

Alors là, comment dire. INCONTOURNABLE. Le retour du Quikoss en grande pompe, grande forme. Encore plus de Claps, plus de Slaps. Hyper consistant, sans réel déchet, ce nouvel album introspectif revient sur le meilleur du génie musical qu’est Dj Quik. Toujours aussi facile à la prod comme au micro, le vétéran offre tout ce qu’il a de mieux, entouré de sa clique habituelle ainsi que de quelques invités parfois étonnants, parfois évidents. Rappelant sur certaines notes le Jay Dee des années 1998-2000 avec masse de filtres et le clap qui tue, ce vieux filou nous fait encore hocher de la tête dans tous les sens, entre nostalgie et synergie parfaite avec son époque. Un grand moment.

Cam’ron & Vado – Gunz n Butta
19 avril 2011

Voilà un album de Kickeurs ! New York reprend de la couleur avec l’idole d’une génération, Camron et son jeune loup, Vado qui enchaîne les bonnes prestations. Les prods sont efficaces, souvent assurées par AraabMuzik qui développe son style saccadé, débridé, obsédé de la MPC. Chaque track tombe comme la lame d’une guillotine, les deux styles des MCs se complétant, développant une alliance infernale au fil des mesures. Une démonstration de force impressionnante, une vraie machine à tuer. Le phoenix du Dipset se dessine en filigrane pendant que Vado gagne ses galons de rappeur majeur de la Grosse Pomme. Fuck-A-Freestyle Everyday All Day !


….::: BONUS :::….

La Triche : J-Stalin – The Real World part. 3
14 décembre 2010 (bah ouais la triche)

J’ai choisi cet album pour montrer la surproduction de Dj Fresh cette année même s’il est sorti fin 2010. J’ai beaucoup écouté ce volume de Stalin car son énergie se couple parfaitement aux beats synthétiques, enveloppants du maître Fresh puissance 3. J’aurais pu aussi mettre son Tonite Show avec Keak Da Sneak qui tourne toujours ou celui avec Yukmouth tout aussi radical. Dj Fresh est vraiment devenu LE son de la Bay, celui qui retient l’attention avec ses nappes tonitruantes et son rythme de sorties titanesque. Avec le Shady Nate et plusieurs autres d’ici la fin de l’année, Dj Fresh sera forcément dans le top 2011 donc autant prendre de l’avance.

French Bonus : Aelpeacha – Val 2 Marne Rider II
Juin 2011

Il n’en fallait qu’un, le voici. Le A est de retour et il ne se fout vraiment pas de notre gueule. Une véritable évolution s’inscrit au fil de ses albums, le détachant un peu du straight G-Funk français pour batifoler avec des sensations plus actuelles. De la pure musique de genre, parfaitement exécutée, produite d’une main de maître avec cette dérision, cet humour et cette joie de vivre, le tout très communicatif. Ancré dans son temps, Alpha réalise tout ce qu’il a envie, transforme des instrumentations de plus en plus complexes, ose de plus en plus la chansonnette avec succès et devient finalement de plus en plus musical, voir aérien. Cela reste incompréhensible qu’il ne soit pas mis en avant dans ce paysage national morne au possible. En attendant, la dose de JuinJuilletAout 2011 est délectable, ne la ratez pas !

7 juillet 2011 / lecaptainnemo